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Biodiversité du site
Texture de fond sombre aux tons brun et vert forêt
Carte des sentiers

Découvrez la richesse naturelle du Domaine Taschereau

Derrière chaque sentier se dévoile un écosystème unique à découvrir et à comprendre. Explorez les cinq grandes facettes qui façonnent ce territoire exceptionnel : la biologie, la géographie, la foresterie, les inondations et l’ornithologie.

Carouge à épaulettes femelle perché sur des quenouilles sèches
Lis du Canada aux fleurs orangées tachetées dans un sous-bois

Vue aérienne des milieux humides, de la rivière et de la forêt
GÉOGRAPHIELa diversité d’un même territoire

Situé au centre-ville de Sainte-Marie, dans la vallée de la rivière Chaudière, le Domaine Taschereau constitue l’un des milieux naturels les plus remarquables de la région. Aménagé sur une portion de la plaine inondable de la rivière Chaudière, le territoire couvre 53 hectares et renferme un vaste complexe de milieux humides et d’écosystèmes diversifiés.

Bien que l’eau soit parfois peu visible à première vue, près de 86 % du territoire du parc, soit environ 46 hectares, est constitué de milieux humides. Cette particularité fait du Domaine Taschereau le plus grand complexe de milieux humides présent le long de la rivière Chaudière, au cœur même d’un environnement urbain.

Blotti dans la vallée de la Chaudière, le parc se déploie sous la forme d’un vaste espace vert composé de marais, de marécages, d’étangs, de prairies humides, de boisés et de milieux riverains. Il est traversé par la rivière Chassé ainsi que par plusieurs petits ruisseaux, qui contribuent à la diversité des habitats et à la richesse écologique du territoire.

Le Domaine Taschereau compte 17 unités écologiques distinctes, comprenant des écosystèmes terrestres, aquatiques et humides. On y retrouve pratiquement tous les types de milieux humides continentaux présents au Québec : les marais, les marécages, les étangs, les prairies humides, les milieux riverains et littoraux ainsi que les ripisylves.

Les marais et les prairies humides constituent des habitats particulièrement importants. Les marais sont dominés par des plantes herbacées adaptées aux sols saturés en eau, comme les quenouilles, les carex et les roseaux. Certaines prairies humides sont dépourvues d’eau libre, mais demeurent périodiquement inondées, favorisant une végétation dense et diversifiée.

Le parc abrite également plusieurs marécages arbustifs et arborescents, où dominent des arbres et arbustes tolérant les sols humides, notamment les saules, les érables et certaines espèces de peupliers.

Deux étangs sont également présents sur le territoire — l’un d’origine naturelle, l’autre aménagé par l’humain — constituant des habitats importants pour plusieurs espèces aquatiques et des lieux privilégiés pour l’observation de la faune.

Un rôle écologique essentiel. Au-delà de leur beauté, les milieux humides du domaine remplissent des fonctions vitales : régulation des inondations, filtration naturelle des eaux de ruissellement, recharge de la nappe phréatique et stabilisation des sols et des rives — des fonctions qui contribuent directement à la santé de l’ensemble de la vallée de la Chaudière.

Castor rongeant une branche dans l’eau du marais
BIOLOGIELa vie sous toutes ses formes

Le parc abrite une flore très diversifiée, composée d’espèces arborées, arbustives et herbacées adaptées aux différents milieux qui composent le territoire, dont des plantes caractéristiques des milieux humides comme le lys du Canada et la matteuccie fougère-à-l’autruche, dont les jeunes pousses sont connues sous le nom de têtes de violon.

La faune est également très diversifiée. Le territoire accueille plusieurs mammifères, dont le renard roux, la marmotte, le cerf de Virginie et, à l’occasion, l’orignal, ainsi que le tamia rayé, le lièvre d’Amérique, l’écureuil roux, le rat musqué et la moufette rayée.

Les amphibiens sont notamment représentés par la grenouille léopard, la grenouille verte, la grenouille des bois et le crapaud d’Amérique. Les milieux aquatiques abritent quant à eux plusieurs espèces de poissons, dont l’épinoche à cinq épines, le meunier noir, le mulet à cornes, le naseau des rapides, la barbotte brune et différentes espèces de chabots, en plus de la perchaude, l’achigan et le maskinongé, qui viennent y frayer.

À cette diversité s’ajoute une importante variété d’insectes, qui jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement des écosystèmes, notamment dans la pollinisation et la chaîne alimentaire. La salamandre sombre du Nord témoigne également de la qualité de certains habitats aquatiques du parc, puisqu’elle dépend de petits cours d’eau frais et bien oxygénés.

Le Grand Marais Denis-Sylvain, pièce maîtresse de cette biodiversité, a nécessité la plantation de 900 arbres et arbustes ainsi que la transplantation de 2 500 plantes aquatiques (quenouilles, nénuphars) pour recréer des herbiers propices à la nidification et à la fraie. Une échelle à poissons y assure la libre circulation entre le marais et la rivière Chaudière.

Cette richesse biologique fait du Domaine Taschereau un véritable refuge pour la biodiversité, au cœur même du milieu urbain de Sainte-Marie.

Sentier de terre battue sous une forêt de conifères en été
FORESTERIEUne forêt en pleine régénération

Le Domaine Taschereau repose sur des terres anciennement agricoles, exploitées jusqu’en 1995. Au cours des deux derniers siècles et demi, l’assimilation progressive de la plaine alluviale de la rivière Chaudière par l’agriculture et l’urbanisation a entraîné le déboisement, l’assèchement et la disparition d’un riche écosystème humide qui recouvrait autrefois le fond de la vallée.

Aujourd’hui, la régénérescence florale en cours au Domaine Taschereau, qui constitue la plus vaste portion non exploitée de la plaine entre Saint-Georges et Scott, transforme progressivement cet espace en une vitrine de l’écosystème initial de la plaine alluviale beauceronne.

Le parc est maintenant composé d’une mosaïque de friches et d’aires ouvertes où l’on retrouve notamment des aulnes rugueux, des saules, des trembles et diverses herbacées. Ces habitats offrent un potentiel exceptionnel pour la diversité aviaire et contribuent progressivement à la formation d’une canopée variée, essentielle à l’équilibre écologique du parc.

Avec plus de 70 espèces d’arbres présentes sur le territoire, la forêt du Domaine Taschereau constitue un milieu en évolution, mise en valeur dans la publication Les arbres qui vous entourent. La diversité des espèces et des âges de peuplement crée une multitude d’habitats pour la faune et contribue à la régénération naturelle du territoire.

Le rôle du bois mort et des arbres sénescents. Au Domaine Taschereau, le bois mort demeure sur place afin de permettre au cycle naturel de la forêt de se poursuivre. Les chicots (arbres morts encore debout) servent de perchoirs pour les rapaces et d’abris pour les hiboux et certaines espèces de canards, tandis que leurs cavités offrent des sites de nidification essentiels. Le bois mort constitue aussi une source de nourriture pour de nombreux insectes, qui attirent à leur tour des oiseaux insectivores. Les chablis (arbres tombés) favorisent la germination de nouvelles graines, tandis que leur décomposition libère des nutriments essentiels qui enrichissent le sol.

Ainsi, le bois mort et les arbres sénescents ne sont pas des éléments inutiles dans la forêt : ils sont des acteurs essentiels du fonctionnement naturel de l’écosystème.

Trottoir de bois traversant un sous-bois humide au printemps enneigé
INONDATIONUne force naturelle qui façonne le territoire

La rivière Chaudière, longue de 195 km, prend sa source au lac Mégantic et se jette dans le fleuve à Lévis. Elle est particulièrement connue pour ses inondations printanières, qui façonnent le paysage et l’histoire de la région.

La spécificité de la Chaudière provient notamment de son relief et de son hydrologie. Au sud de Saint-Georges, les pentes abruptes accélèrent l’écoulement de l’eau dans la Haute-Beauce, alors que la plaine est très peu inclinée. Comme l’eau ne peut pas s’écouler aussi rapidement, elle s’accumule et provoque d’importantes inondations. De nombreux affluents se jettent également dans la Chaudière, augmentant le volume d’eau. Au printemps, environ 60 % du débit annuel de la rivière s’écoule ainsi en quelques semaines, contre 35 à 50 % pour la plupart des grandes rivières du sud du Québec.

Le Domaine Taschereau est situé dans la plaine inondable, ou lit majeur, de la Chaudière. Cette situation particulière fait du parc le parc écologique le plus fréquemment inondé au Québec. Lors des crues printanières ou des crues-éclairs, l’eau déborde de la rivière et s’accumule dans le parc, qui agit alors comme une zone tampon naturelle, contribuant à réduire les impacts des inondations dans d’autres secteurs urbains de Sainte-Marie. Dans certains secteurs, notamment près du ruisseau du Marais, l’eau peut atteindre jusqu’à quatre mètres de hauteur.

Mais au Domaine Taschereau, l’inondation n’est pas uniquement un phénomène à subir. Elle constitue une composante essentielle du fonctionnement naturel du territoire : l’eau qui envahit périodiquement le parc contribue à enrichir les sols en nutriments, à renouveler les habitats naturels, à maintenir la diversité des milieux humides et à favoriser la régénération de la végétation. Ce phénomène est d’ailleurs intégré à l’expérience du site, notamment à travers une visite guidée thématique qui lui est entièrement consacrée.

Le Domaine Taschereau constitue également un secteur stratégique pour la conservation et l’éducation. Surnommé le « fonds de Sainte-Marie », il appartient au littoral de la rivière Chaudière et constitue un habitat du poisson protégé par la loi. Les visiteurs peuvent ainsi observer un phénomène naturel spectaculaire, comprendre le fonctionnement des milieux humides et découvrir leur rôle dans la régulation des crues, la protection des habitats fauniques et le maintien de la qualité de l’eau.

Paruline jaune chantant sur une branche aux jeunes feuilles
ORNITHOLOGIEUn refuge privilégié pour les oiseaux

Le Domaine Taschereau constitue un habitat privilégié pour l’avifaune. Au total, 166 espèces d’oiseaux ont été recensées sur le territoire depuis 1988, témoignant de la grande richesse écologique du site et de la diversité des milieux qui le composent.

Les marais, prairies humides, marécages, friches, boisés et plans d’eau offrent une grande variété d’habitats. La présence de différentes strates de végétation et d’âges de peuplements favorise également la diversité des espèces, offrant aux oiseaux des espaces pour nicher, se nourrir et se reposer tout au long de l’année.

Au printemps et en été, les visiteurs peuvent entendre le butor d’Amérique et la bécassine des marais, bien dissimulés dans les hautes herbes des prairies humides. Dans les espaces ouverts, il est possible d’apercevoir le busard Saint-Martin planer au-dessus du sol à la recherche de petits rongeurs.

Les cours d’eau et les plans d’eau accueillent également plusieurs espèces de canards. Le canard branchu, reconnu pour son plumage particulièrement coloré, compte parmi les espèces remarquables observées sur le site. Les marais et les étangs servent également d’habitat aux sarcelles et aux fuligules. Les observateurs attentifs pourraient aussi apercevoir le héron vert, une espèce beaucoup moins commune que le grand héron.

Le Domaine Taschereau demeure un lieu d’observation privilégié même durant la saison froide : près de 45 espèces peuvent être observées en hiver, dont une trentaine qui fréquentent régulièrement les mangeoires installées dans le parc. Certaines espèces sont présentes toute l’année, alors que d’autres proviennent du Grand Nord et trouvent dans les habitats du domaine un refuge hivernal favorable.

La diversité de l’avifaune est mise en valeur dans la publication Les oiseaux qui vous entourent.

Un laboratoire naturel à ciel ouvert

Au-delà de sa vocation récréative, le Domaine Taschereau constitue un véritable laboratoire naturel à ciel ouvert, où visiteurs, étudiants et chercheurs peuvent observer directement le fonctionnement des milieux humides. Envie d’en apprendre davantage sur le terrain ?

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Couple de promeneurs marchant sur un sentier ombragé en forêt