On va se le dire : au Québec, ce ne sont pas les beaux parcs qui manquent. Pourtant, il y en a un où je reviens toujours, peu importe la saison : le Domaine Taschereau – Parc nature. J’ai beau connaître les sentiers par cœur, chaque promenade me réserve une nouvelle découverte. C’est exactement ce que j’aime de cet endroit. Entre les paysages qui changent au fil des saisons, les milieux humides, l’histoire et les animaux que je croise à chaque visite, je ne m’en lasse jamais ! Voici pourquoi ce parc est si différent des autres.
Les inondations : un paysage qui change constamment
Le Domaine Taschereau est situé sur la plaine inondable de la rivière Chaudière. D’ailleurs, c’est le parc le plus inondable du Québec ! C’est assez impressionnant, non ? Ici, les crues transforment complètement le paysage. Certaines plantes et certains arbres qui poussent dans le parc sont adaptés pour survivre avec beaucoup d’eau. Les différents niveaux d’eau ont aussi permis la création de plusieurs types de milieux humides : c’est ce qui donne au Domaine Taschereau un caractère aussi unique.
Ce que j’aime particulièrement, c’est partir à la recherche des traces laissées par les inondations. Les panneaux d’interprétation montrent jusqu’où l’eau peut monter lors des crues de 2, 20 ou même 100 ans. La première fois que j’ai su que je pourrais avoir de l’eau jusqu’à par-dessus la tête, je n’en revenais tout simplement pas ! C’est aussi fascinant de découvrir que le parc protège la ville des inondations en ralentissant et en emmagasinant une partie de l’eau lors des grandes crues.
La rivière Chassée : mon coin de détente préféré
S’il y a un endroit où je prends une pause pendant ma marche, c’est bien le sentier du Pèlerin, sur le bord de la rivière Chassée. On est entouré d’arbres, l’eau coule tranquillement, les oiseaux chantent et, avec un peu de chance, on aperçoit quelques familles de canards qui profitent elles aussi du calme des lieux. Au début de l’été, un phénomène vient rendre l’endroit encore plus magique : le pollen des peupliers tombe sur l’eau et le sol, ce qui donne l’impression qu’une fine couche de neige recouvre le paysage. Ça vaut vraiment le détour !
Une faune et une flore qui ne cessent de surprendre
Même si je ne suis pas une experte en ornithologie, je peux vous garantir une chose : je n’ai jamais quitté le Domaine Taschereau sans avoir observé des oiseaux. Avec 166 espèces répertoriées, c’est sûr que les occasions ne manquent pas ! Mon endroit préféré pour les observer est sans hésitation la passerelle Placide-Poulin. En étant à la hauteur de la cime des arbres, on peut voir les oiseaux qui nichent en hauteur, ce qui est assez impressionnant. De la passerelle, on a aussi une vue sur le Grand marais Denis-Sylvain. J’adore y observer des grenouilles, des canards, des rats musqués et plusieurs autres animaux.
Et ce n’est pas seulement la faune qui impressionne ! Le parc compte plus de 70 espèces d’arbres, dont le majestueux noyer noir, une espèce plutôt rare au Québec. Au printemps et en été, les fleurs colorent les sentiers et rendent chaque promenade encore plus agréable.
Une histoire à découvrir à chaque détour
Une autre chose que j’aime du Domaine Taschereau, c’est que ce n’est pas seulement un parc nature, mais aussi un lieu rempli d’histoires. J’aime marcher et m’imaginer tout ce qu’il y avait ici, sur l’ancien domaine seigneurial, avant que ça devienne un parc. Vous vous demandez peut-être comment faire pour connaître toutes ces histoires sans être historien ? Eh bien, c’est simple ! Il y a plein de codes QR dans les sentiers et, en les scannant, on écoute des récits fantastico-historiques qui nous permettent de découvrir la famille Taschereau, qui vivait ici dans les années 1700. Assez unique comme expérience, n’est-ce pas ! J’aime aussi m’arrêter au campement temporaire abénakis pour imaginer comment les Premières Nations occupaient le territoire bien avant l’arrivée des colons français.
Un autre incontournable pour les passionnés d’histoire, c’est la chapelle Sainte-Anne ! Celle qui est présente à l’entrée, c’est la 3e qui a été construite, et si on observe bien, on voit encore les murs de fondation de la 2e chapelle. À l’entrée du parc, il y a aussi des pierres de fondation disposées en rectangle qui nous rappellent les bâtiments qui se trouvaient autrefois sur le domaine. J’adore ce mélange entre nature et patrimoine ; on apprend quelque chose à chaque arrêt !


